Ces globes-trotteuses du siècle dernier …

3 août 2015, In: Conseils & idées, Culture, Excursions
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Photo : Ville de Florence, prise l’été 2014 (En noir et blanc pour donner un effet « d’antan » à cette ville intemporelle)

Voyager est-il plus difficile pour une femme que pour un homme ? Je me suis parfois posée la question… Lorsque l’on s’intéresse aux rares voyageuses qui ont défié les normes sociales du début du siècle dernier, on se dit finalement que l’on a fait un grand pas en avant !

Lors de ma visite de Gérone j’ai eu le bonheur de trouver cette petite place : « Plaça l’institut Vell », un peu par hasard. Je cherchais plutôt une autre place que j’avais repéré sur mon plan de la ville. Finalement, mon manque d’orientation m’a permis de  tomber sur cette exposition : « Girona a ojos de las viajeras XIX y XX«  (Gérone vu par les voyageuses du XIX et du XXem). Ce fut une exposition très intéressante avec de nombreux témoignages de voyageuses du siècle dernier. Après cette visite, j’ai été prise d’une violente envie d’écrire à ce sujet : les femmes voyageuses d’avant et d’aujourd’hui.

Plusieurs fois, lors de mes voyages en solitaire, je me suis mise à rêver à pouvoir changer de sexe (bon, juste le temps du séjour dans un pays étranger !). C’est vrai que même si les mentalités ont énormément évolué, dans de nombreux pays, il est encore difficile d’être comprise quand on est une femme seul avec un énorme sac à dos. J’ai l’impression que le contact avec les locaux est plus facile lorsque l’on est un homme. Combien de fois j’ai dû mentir sur mon statut de voyageuse en solo pour ne pas être embêtée, ou pour tout simplement discuter naturellement : « mon copain est parti faire les courses » ou bien encore « je rejoins mon copain qui est dans telle ville ». Pourtant, si l’on pense à ces aventurières du 19em et début du 20em, on se dit qu’elles devaient être pleines de volonté et de courage! De grandes femmes !!

Jane Dieulafoy en habit masculin Photo : By Eugène L. Pirou [Public domain], via Wikimedia Commons

Au cours de l’exposition de Gérone, on apprend que de nombreuses femmes sont venues seules visiter la ville durant les deux derniers siècles. Elles arrivaient en ville curieuses, pour des projets artistiques où tout simplement suite à la lecture de récits de voyages. Dans leurs témoignages, certaines racontent les différences culturelles, la végétation abondante, les ruelles médiévales de Gérone, tandis que d’autres ont vécu la ville plus en profondeur et ont su rencontrer les habitants et lier des amitiés et amours parfois. Souvent, ces femmes étaient artistes, photographes, écrivains… De vraies aventurières avec le besoin de nourrir leur art. J’ai appris que les femmes du 19em siècle, écrivains de romans de voyage, étaient très peu publiées, ou bien sous un nom masculin. Pour éviter les railleries de leurs hôtes, certaines prenaient même une apparence masculine. J’imagine qu’il était aussi plus simple de voyager en pantalon qu’en robe longue et corset…

Les voyages de découverte « Grand tour » ont longtemps été à la mode pour les jeunes hommes de classe supérieure. Au cours de leur voyage ils se cultivaient, apprenaient d’autres langages, se préparaient à vivre au sein de la bonne société. De retour au pays ils alimentaient les discutions du récit de leurs périples. Ce privilège était malheureusement réservé aux hommes. Pourtant, ces « pionnières » du voyage au féminin ont eu l’audace de contourner les normes sociales de leur époque.

Je me demande comment ces femmes avaient t-elles la force de surpasser la morale de l’époque quitte à vivre comme des exclues de la société. Cela me rappelle un livre que j’ai beaucoup aimé de Alexandra David Neél : « Voyage d’une parisienne à Lhassa« . On y découvre une femme indépendante, décidée, courageuse, mais qui à aussi des doutes et des peurs. J’ai commencé récemment le livre d’Isabelle Eberhardt : « Dans l’ombre chaude de l’Islam« . Cette femme d’origine Suisse, a beaucoup voyagé en Afrique du Nord à la fin du 19em siècle. Les deux récits sont fabuleux ! Ils nous font vivre de magnifiques aventures. A lire absolument !

Citation d'Isabelle Eberhard

Une citation d’Isabelle Eberhard

Ce sont des femmes comme elles, qui ont démontré que l’aventure n’est pas réservée qu’aux hommes. Elles ont surement inspiré de très nombreuses autres femmes. Et grâce à elles de plus en plus de femmes prennent la décision de parcourir le monde seule.

De nos jours, voyager seule reste encore une aventure, et c’est surement aussi pour cela que l’on adore :-). Les voyageuses que j’ai rencontré au Mexique par exemple, voyagent par curiosité, ou bien pour stopper cette routine qui s’installe parfois dans nos vies, ou encore certaines décident de tout quitter du jour au lendemain (copain, travail, amis…) pour souffler et se retrouver. On a toutes nos raisons.

Sur place la réalité est différente, il y a des pays plus ou moins facile à visiter pour une femme. Il faut parfois accepter le regard un peu trop insistant de certains locaux. Je pense qu’il est important de respecter la culture locale. On a le droit de voyager seule, mais il faut pouvoir comprendre que cela peut être totalement incompris par certaines personnes (à cause d’une éducation différente par exemple). Dans ce cas-là le mensonge permet d’engager une conversation plus facilement… C’est mon point de vue, je préfère m’adapter un maximum, pour éviter les problèmes et mieux m’intégrer. Cela a plutôt bien fonctionné jusqu’à maintenant :-).

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Ces globes-trotteuses du siècle dernier …

3 août 2015, In: Conseils & idées, Culture, Excursions
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    • Bernard
    • 20 janvier 2016
    Répondre

    Super j’ai bien aimé, c’est très intéressant, je t’encourage à continuer ce sujet.
    Tu sais, bien sûr, que ta tante Maud à aussi beaucoup voyagé! as-t-elle vu ton blog?

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